Post-partum : quand s’accepter devient compliqué.

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Il fallait que je vous en parle. Je pense que je ne suis pas la seule dans mon cas, je suis même sûre que nous sommes des tonnes et des tonnes de femmes, devenues mères, qui n’ont pas encore apprivoisé leur corps de maman. Attention, je ne parle pas forcément des kilos de grossesse. Je parle plutôt de ce qui se passe pendant cette période post-partum parfois compliquée. A l’intérieur, dans notre tête, dans notre corps. Une acceptation de soi, pas si évidente lorsqu’on a donné la vie…

Ma première grossesse

J’ai vécu mes deux grossesses différemment. Pour Adam, tout a été parfait, trop parfait peut-être ? En fait, les trois premiers mois, je n’étais pas enceinte, tout simplement. Aucun symptôme, aucun changement notoire dans ma silhouette. Je n’avais rien changé à ma vie, j’avais même fait des choses qu’une femme enceinte n’aurait pas fait. Je prenais des risques, calculés certes, mais des risques quand même. Puis mon ventre a commencé à s’arrondir, et mon esprit s’est peu à peu habitué à l’idée que j’étais « habitée ». Un bébé dans mon ventre. Pas de grandes remises en question, cet enfant je le désirais plus que tout au monde. Même si je subissais la suite. La difficulté à se mouvoir, le ventre qui devenait de plus en plus lourd, le souffle de plus en plus court. Heureusement, pas de vergetures. Je n’utilisais pas forcément de crème, je n’en faisais pas une fixette, si elles devaient apparaître et bien qu’elles apparaissent !

Le rapport avec mon corps n’a pas vraiment changé. J’ai pris à peine 14kg en tout, que j’ai perdu presque aussitôt après avoir accouché. Bref, je n’avais pas d’abdos dessinés ou une taille de guêpe, mais dans l’absolu j’avais retrouvé mon corps comme il était.

Ma seconde grossesse

Pour Hana, autre son de cloche. Dès le départ, je savais que j’allais avoir du mal. Des nausées, de la fatigue, des vertiges… Mon corps me trahissait. A l’époque je travaillais à temps plein, je conduisais beaucoup. Presque 300km par jour. Je ne me faisais plus confiance. Je me sentais faible et malade. Etre enceinte n’est pas une maladie me direz-vous. Mais moi c’était comme ça que je l’ai vécu.

J’avais tellement aimé être enceinte d’Adam que je m’attendais à la même félicité pour Hana. La déception a été d’autant plus forte, je ne me supportais plus. Je prenais du poids de manière incontrôlable, je ne pouvais plus me regarder dans un miroir. J’avais l’impression que mon visage s’était transformé. Je ne faisais pas d’efforts pour aller mieux, ou me sentir mieux dans ce corps qui ne m’appartenais plus. J’avais accepté que je n’étais que l’usine à fabriquer un bébé. Pendant 9 mois je n’étais plus Dina, mais la future maman d’Hana.

Après l’accouchement

Entre Adam qui faisait une crise de jalousie aigue, (je vous en parlais dans l’article expliquant l’arrivée du deuxième), mon mari qui s’était absenté, Hana encore un petit nourrisson… Alors vous imaginez bien que je n’avais pas vraiment le temps de m’attarder sur mon sort. Je me laissais vivre, sans croiser mon reflet dans le miroir. Pas le courage.

J’ai pris 28kg pendant ma seconde grossesse. J’en ai perdu 15 assez rapidement, il en restait donc 13. Treize indélogables kilos. De toute façon je ne faisais aucun effort. Le mal-être de la grossesse avait continué, même après la délivrance.

Ce ventre tout mou, vide, comme un ballon de baudruche oublié au soleil. Ces vergetures qui striaient mon ventre et mes hanches. Ma mère me disait qu’une fois blanches elles seraient quasiment invisibles puisque j’avais la peau très claire. C’est cool mais je m’en foutais.

Je pense que j’en voulais à mon corps d’avoir flanché. De m’avoir fait vivre 9 mois très compliqué. Et de ne pas avoir eu la force de me ressaisir après ça.

Aujourd’hui

Hana a 10 mois, et on peut dire que j’ai eu le temps de m’en remettre. La reprise du sport déjà, y est pour quelque chose. Je commence a retrouver mon corps que j’aimais tant. Avec ses imperfections et ses faiblesses, mais je l’aimais. C’était celui qui me définissait. Et puis, une alimentation a peu près saine, une reconversion professionnelle, une activité physique, un équilibre familial… Tout cet ensemble fait que je m’accepte mieux.

 

L’acceptation de soi passe par un environnement sain. Car lorsqu’on vit un traumatisme tel qu’une grossesse et un accouchement, il nous faut un paquet de ressources pour s’en remettre. Certaines y arrivent très vite. Moi-même je n’ai pas eu de mal après Adam. Mais parfois, cela demande plus de temps. Après tout, se dire qu’on est maman, qu’on a un corps de maman, un rôle de maman aussi, et les failles qui vont avec… C’est beaucoup à encaisser.

En tout cas, pour celles en plein post-partum, courage ! Et tenez bon, tout s’arrange…

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2 Comments
  • Marion BERNE
    octobre 17, 2018

    Merci pour ce bel article! je suis enceinte de bb2. Ma première grossesse s ‘est relativement bien passée et je ressentais vraiment la “plénitude” de la grossesse. Cette fois, tout change… J’ai de terribles nausées qui en me quittent pas, l’impression d’être énervée et triste, déjà des rondeurs…. cela ne fait que 2 mois!!! votre article rebooste, alors merci!

  • Lydiz
    juillet 24, 2019

    Juste merci…. ❤