Parce que les mamans vivent aussi la nuit.

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Il fut un temps, il y a fort longtemps, la nuit je dormais. Je posais ma tête sur l’oreiller, et ne me levais que le lendemain matin. Je ne me rendais pas compte alors, du luxe que cela représentait. Une nuit de sommeil complète, c’était la norme. Depuis que je suis maman, c’est plutôt la rareté. Parce que les mamans vivent aussi la nuit.

Leur sommeil n’est qu’une succession de siestes, plus ou moins longues. Leur temps d’endormissement dépend de celui de leurs enfants. Alors, une vie entière se joue lorsque la nuit tombe. Une organisation silencieuse se met en place, sous la surveillance des étoiles.
Les mamans déjà, ne dorment pas en même temps que leur progéniture. Elles devraient pourtant, oh oui elles devraient. Mais elles ont besoin de ce temps de solitude. Lorsque les enfants sont couchés et qu’elles peuvent redevenir des adultes, des femmes, des personnes à part entière. Penser à rien d’autre qu’à elles-mêmes, pendant 1 heure ou deux.

Et puis elles vont se coucher.

Passer voir les enfants. Vérifier leurs respirations. Les recouvrir si besoin, les embrasser une dernière fois avant d’aller dormir. Elles posent la tête sur l’oreiller, se projettent leur journée du lendemain et sombrent doucement dans les bras de Morphée.

2h du matin. Premier réveil.

On tente de sortir du brouillard, du sable encore plein les yeux. Bébé a faim, soif, chaud ou froid. On se tire du lit et on vole à son secours. La nuit est noire. Le calme est olympien. Comme si le temps s’était arrêté. On profite de ces minutes au ralenti pour fermer les yeux pendant que bébé tète. La petite veilleuse au coin de la chambre diffuse une douce lumière. On entend au loin le ronflement de papa, endormi profondément. Prochain réveil ça sera lui ! On repose le bébé endormi et on retourne se coucher.
Les draps sont froids, le sable dans nos yeux s’est dissipé, le sommeil est un peu loin. Allez, ferme les yeux, rendors-toi.

4h du matin, le grand se réveille.

Un cauchemar l’a fait pleurer. Parfois papa se lève, parfois non. Alors on y retourne. Les yeux ont de plus en plus de mal à s’ouvrir, le cerveau ne suit plus vraiment le rythme. On se dirige vers la chambre des enfants comme au radar. Ça va aller chéri, ce n’était qu’un mauvais rêve. Viens dans mes bras, maman va te faire un câlin. On regarde l’heure et on calcule… Dans 3h il sera temps de se réveiller pour de bon. Et il faudra alors être d’attaque pour la journée.
Bébé est apaisé, maman peut se recoucher. On jette un œil sur notre réveil : 4h46. Allez, si on se rendort en 14 min, on peut avoir 2h complètes de sommeil encore.

6h35, c’est loupé pour les deux heures.

Bébé a besoin de maman. Une tétée, un câlin, un verre d’eau. On se tire du lit une dernière fois et on fait une croix sur les quelques minutes d’avant la sonnerie du réveil. 7h, le voilà qu’il sonne. La maisonnée s’éveille doucement. Les cernes sous nos yeux nous rappellent douloureusement cette nuit entrecoupée qui est devenu notre quotidien depuis quelques années. Papa s’étire et s’exclame « Je suis tellement claqué… ! ».

Et moi donc, chéri, et moi donc…

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