18h – 20h : le créneau infernal !

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Pardon d’avance pour ceux qui vont s’offusquer et me traiter d’ingrate mais il est actuellement 19h11 à l’heure où j’écris ces quelques lignes et cela fait 1h11 que j’ai récupéré les enfants après une journée de boulot. Le grand est entrain de chouiner dans son coin, en sourdine, parce qu’il veut manger, je cite, quarante douze bonbons. La petite a trouvé le camion de pompier avec la sirène hurlante que j’avais caché dans un recoin de la véranda. Je vous écris donc depuis l’enfer. Parce que oui, entre 18h et 20h, on peut dire sans exagérer que c’est l’Enfer.

Il faut dire ce qui est, élever des enfants n’est pas chose aisée.

Si globalement on en retire une satisfaction extrême, un bonheur indescriptible, un amour inconditionnel… Il y a l’autre tranchant, le côté obscur de la force, qui lui n’est pas joli-joli.
Alors que le reste de la journée, les enfants sont ni plus ni moins que des enfants, tout en mignonitude et en chiantise, à partir de 18h, une transformation s’opère. Et ce, jusqu’à l’heure du coucher. Les enfants deviennent alors des godzillas affamés.

Des monstres assoiffés de bêtises, et qui les enchainent à la vitesse de l’éclair. L’excitation de la journée atteint son paroxysme et ils ont besoin de se relâcher la pression. Libérer leur soi intérieur, pour évacuer le stress accumulé.

En soi c’est une bonne chose. C’est sain. Mais à quel prix !

Quand on se tape une journée interminable, qu’on rentre à la maison en se rendant compte qu’elle n’a pas bouger depuis le bazar du petit-déjeuner. Les lits sont défaits, les fonds de laits ont caillé dans les bols et les fonds de jus d’orange ont durci dans les verres. Il reste encore le dîner à préparer, les bains à prendre, les enfants à nourrir, les dents à brosser… bref, un marathon tout sauf plaisant s’enchaîne alors, nous donnant l’impression de se noyer dans un verre d’eau.
Mais pour ma défense, il faut s’imaginer faire toutes ces tâches ingrates, avec en fond sonore des chouinades, des cris, des pleurs, des « mamamaamamamamamaman » en boucle.
Alors forcément, je parle fort, je hurle plutôt, et j’essaie de tenir la barre du navire qui fonce droit dans un iceberg. Mais moi j’ai pas Di Caprio à mes côtés, Papa ne rentre qu’à 20h quand l’orage est passé.

18h – 20h,  les 2h les plus longues de la journée.

Mais c’est aussi ce qui précède la période la plus douce et la plus plaisante de la journée. Quand les enfants sont propres, sentent bon le bébé, sont dans leur lit, ensommeillés, et qu’on peut enfin décompresser. Les manger de bisous, dans leur cou tout chaud. Jouer à bisous-câlin, se dire bonne nuit, se frotter les yeux, bâiller, et s’en aller dans les bras de Morphée.

Et là, comble de l’ironie, ils nous manquent atrocement.

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