11 septembre : Quand chaque détail compte.

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Hier c’était le 11 septembre. Date tristement célèbre depuis les attentats de New York il y a 18 ans maintenant. 18 ans. J’ai l’impression que c’était hier. Je rentrais de l’école, à midi, quand je vois ma maman devant la télé, horrifiée. 

Je jette un œil à l’écran et je vois ces 2 tours en feu, ce chaos, ces hurlements. Ce sentiment d’impuissance qui nous habite à ce moment là. Le même sentiment qui nous a habité le 13 novembre 2015, vous voyez ?

Alors hier, beaucoup de gens faisaient leur devoir de mémoire.

Je voyais beaucoup d’hommages, des gens qui avaient perdu des proches ce jour là. Des gens encore choqués, 18 ans après. Et puis j’ai vu une publication sur instagram qui faisait la liste de quelques personnes qui ont survécu à cette horrible journée du 11 septembre, et en expliquant comment elles avaient fait.

Le directeur général d’une des sociétés installées dans une des tours a survécu, car ce matin là, c’est lui qui a accompagné son fils à la garderie.

Un autre homme est aujourd’hui vivant car c’était son tour d’amener les donuts du petit-déjeuner.

Une femme a survécu grâce à son réveil qui n’a pas sonné.

Une autre a échappé au pire car elle était coincé sur la route à cause d’un accident de voiture qui a eu lieu ce jour là.

Certains ont raté leur bus, d’autres avaient leurs voitures qui ne voulaient pas démarrer.

Un homme s’était renversé du café sur sa chemise et a dû faire un détour au toilettes avant d’aller travailler dans sa tour.

Une femme avait son enfant qui ne voulait pas aller à l’école et a donc perdu un peu de temps pour gérer ce contretemps.

Celui qui me marque le plus, c’est cet homme qui portait de nouvelles chaussures ce matin là. Avant de monter dans les tours pour commencer sa journée de travail, il a fait un détour dans une pharmacie pour acheter un pansement, pour soigner son ampoule au pied.

Voilà pourquoi il est vivant aujourd’hui.

Maintenant, lorsque je suis coincée dans un bouchon interminable. Dans un ascenseur en panne. Lorsqu’un coup de fil me met en retard, ou que je ne retrouve pas mes clés… Je m’énerver un peu moins. Je me dis que malgré le désagrément, malgré l’emmerdement parfois, que cela engendre, c’est exactement ce qui devait m’arriver. C’est là que je dois être à cet instant précis.

Un effet papillon lourd de conséquences. Parce que chaque détail compte, et que c’est rassurant de se dire que la vie est paramétrée comme du papier à musique. Que chaque chose arrive pour une raison. C’est apaisant de se dire que nous n’avons pas le contrôle sur tout. Qu’une part de notre destin nous échappe, et que rien ni personne ne pourra empêcher ce qui doit arriver.

Je pense à ces 2977 personnes disparues ce jour là. Comment elles sont décédées. L’injustice. Et encore une fois, l’impuissance. Car c’est surtout ce sentiment d’impuissance qui prend le dessus. Comme à chaque fois, on se retrouve les bras ballants devant tant d’horreur. On se sent inutile. Alors on pense à ces victimes, à leurs proches, et on prie pour que jamais cela nous arrive.

Sans pouvoir en être certain.

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