La désastreuse histoire de la maman qui crie

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Franchement, à la base je suis une gueularde. Quand je parle, je parle fort. Dès que je suis sous le coup de l’émotion, je hurle. C’est un affreux trait de caractère chez moi. Quand on est dans un train, que tout le monde est silencieux, si j’ai le malheur d’être accompagnée alors courage à tous les passagers, je suis relou. Forcément, depuis que j’ai des enfants, les émotions étant décuplés, vous vous doutez bien que je ne chuchote guère. Je vais donc vous raconter mon histoire. La désastreuse histoire de la maman qui crie.

Pour commencer, sachez que j’en souffre.

Enfin, ça va, je veux dire, il y a pire. Mais le soir venu, ma tête explose. Je vous arrête tout de suite, je sais parler normalement, je sais mesurer ma voix et je ne suis pas non plus la folle furieuse qui hurle sur les pigeons dans la rue. Mais disons qu’il suffit qu’on m’énerve, me surprenne, m’émerveille ou me provoque, pour que les décibels explosent. Alors, imaginez avec mes enfants…

Une catastrophe.

Même si le fait de devenir maman nous donne des capacités de prise sur soi, assez phénoménales. Pour le bien de mes enfants, je la met en veilleuse. Je sais pertinemment qu’on arrive à rien en criant. Que le climat instauré est malsain, et qu’il est hors de question qu’ils croient que c’est la norme. Mais bon sang c’est parfois tellement compliqué de se retenir !

Quand les enfants me testent, je me déteste.

Clairement, c’est pas beau à voir. Je hurle, je fais les gros yeux, j’agite mon doigt comme la marâtre de Cendrillon. Une mégère qui s’excite dans son coin, et que les enfants regardent, bouche bée. Ca ne dure jamais longtemps, je me ressaisis rapidement, mais mon dieu que j’ai honte. Mon dieu que je me déteste. Pour moi c’est un échec de crier sur eux.

Même si cela fait partie de ma nature.

Je suis censée pouvoir me contrôler pour eux. Hurler dans un oreiller plutôt que sur eux. Ils ne sont que des enfants après tout. Mais plus facile à dire qu’à faire. Les nerfs sont souvent à bout, l’humeur au bas fixe, le moral dans les chaussettes. Alors on craque, et on crie. Et ensuite on s’excuse et on câline, pour qu’ils gardent une meilleure image de nous.

Ça fait du bien parfois.

Crier un bon coup, c’est salvateur souvent. Alors pour détourner ça, pour qu’ils ne voient pas ça comme une menace, mais plutôt comme de la détresse, je leur dit de faire pareil. Quand je les sens très en colère, ils ont droit de crier une fois. Un bon cri de Tarzan qui sort des tripes et qui libère. Et en général, ça les calme tout de suite. Et moi aussi du coup.

Parce qu’il faut parfois accepter ses défauts.

Personne n’est parfait, heureusement. Mais on peut détourner les défauts pour en gommer les traits, et les rendre plus acceptables. 

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