Ma vie partagée sur les réseaux sociaux…

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Depuis maintenant 4 ans, je vous partage mes mots, ma vie, mes humeurs et mes coups de gueule sur ce blog et sur les réseaux. Avant ça, je le faisais sur Facebook, dans ma sphère privée, à mes amis et ma famille. Le fait de le faire maintenant devant une communauté de près de 125 000 personnes, donne le vertige. Et parfois je n’arrive plus à situer où se trouve la limite à ne pas franchir.

J’adore échanger avec vous, comme je le ferai avec des copines. Mais il faut aussi que je garde en tête qu’internet n’est pas que bienveillance et bons sentiments. Voilà pourquoi je ne souhaite pas exposer mes enfants ou ma vie en général aussi largement que je le voudrais (j’estime le faire déjà énormément !). Si je m’écoutais, je passerais ma vie à vous montrer leur bouille, à partager leur vie, tellement je suis fière d’eux.

Mais j’ai peur.

Je ne comprends pas comment certaines blogueuses le font sans aucune hésitation. Enfin je veux dire, je les comprends, elles sont aussi fières de leurs enfants et souhaitent les montrer au monde entier. Je le comprends, je le conçois. Mais entre vouloir le faire et le faire réellement, il y a un pas que j’ai beaucoup de mal à franchir.
Alors bien sûr il m’arrive de vous partager quelques photos ou vidéos, sur Facebook ou Instagram. Mais par rapport à ce que d’autres partagent, je suis quasiment invisible selon moi.  Et c’est toujours hyper contrôlé et réfléchi. Et même à ce niveau-là, j’ai parfois des remords à le faire.

Et puis il y a autre chose.

Je n’ai pas le réflexe de sortir mon téléphone à la moindre petite phrase rigolote ou action adorable. Je la vis à travers mes yeux à moi sans penser à la vivre à travers mon écran. Parfois j’y pense, et je publie quelques stories instagram. Parfois.
Mais vivre ces moments à travers mon téléphone implique de mettre cet appareil entre moi et eux. Comme une distance, une barrière. Montrer sa vie au lieu de la vivre. J’ai beaucoup de mal. J’estime que cela n’intéresse personne. Que partager quelques moments ponctuels restent valable, mais partager sa vie du matin au soir, je ne comprends pas.

Parce que le facteur risque est juste énorme.

Parce que les personnes mal intentionnées sont très nombreuses sur internet. Et nous ne savons pas quel usage ils font du contenu qu’on leur offre.
Dans une société où tout est danger, où l’enfant est une proie facile, le fait de les exposer autant c’est un peu les jeter en pâture, toujours selon moi.
Quand ils sont encore jeunes, et pas vraiment en âge de comprendre ce qu’il se passe, j’estime que c’est notre devoir de les protéger et de n’exposer que le minimum. Même si dans mon cas cela reste délicat, car mon travail tourne autour de mes enfants et de ma vie de maman. Alors j’ai parfois du mal à définir où est la limite entre le correct et le « trop ».
Et puis parfois je reçois des messages me demandant pourquoi je n’ai pas filmé l’anniversaire d’Adam par exemple, ou sa rentrée… Mais c’est tellement évident pour moi ! Je n’ai tellement pas envie de vivre ces moments via mon écran de téléphone ! En fait je n’y pense pas du tout. Mais je comprends que cela puisse générer de la frustration.

Soit on partage tout, soit on ne partage rien.

Pour certains, c’est un peu une forme d’exclusion. Ils se projetent tellement, au point d’avoir l’impression que ces blogueuses font partie de leur vie. Et le fait de ne pas tout partager les font se sentir mis à l’écart.
Cette curiosité, pas forcément malsaine d’ailleurs, les pousse à en demander plus. Au point que parfois on partage des choses parce qu’on se sent obligé de le faire.
Le fait d’être exposé représente un risque qu’il ne faut pas négliger, et je suis admirative de ces blogueuses qui partagent leurs vies les plus intimes, sans craintes et sans appréhension. Ou en tout cas, des craintes cachées, au point de ne pas en tenir compte.

Perso j’ai beaucoup de mal.

Quand je vois comment je suis reçue parfois, je me dis que c’est dangereux. Les gens ne se rendent pas forcément compte qu’il s’agit de vraies personnes derrière leurs écrans. Des humains, avec des failles, des faiblesses, des envies et des opinions. Et certaines personnes attendent au tournant, comme s’ils avaient un droit de vie ou de mort sur nous. Le recul est difficile à prendre parfois. Ce monde virtuel dans sa globalité est délicat, finalement.

A mon niveau je pense avoir trouvé un équilibre. Un équilibre précaire, une funambule qui s’avance sur la pointe des pieds sur la toile. Qui trébuche parfois, mais qui tente de se rattraper quand même.

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